Commission parlementaire d’Outreau

Commission parlementaire d’Outreau : pour la réforme de notre justice 

ou Comment masquer la réalité économique ?

Il n’en fallait pas plus pour que les médias s’emparent de l’ « affaire Outreau ».

Dès son origine, elle faisait la Une de nos journaux. Aujourd’hui, elle sert de mobile à celles et ceux qui montrent du doigt le disfonctionnement de la justice française. Certes, on s’étonnera de voir des prisons surabondées, des auteurs d’infractions peu punis ou impunis, des affaires bâclées. Mais est-il nécessaire de sur médiatiser une affaire et sa procédure, quand bien même des erreurs y auraient été commises.

Comme jamais, les parlementairEs ne se sont autant investiEs dans une procédure, jusqu’à autoriser la transmission de la commission chargée d’interroger le juge d’instruction Burgaud.

S’il s’agit ici, comme on nous le présente, de chercher à améliorer nos Codes, Pénal et de Procédures Pénales, nous en tirerons tous les bénéfices.

Aussi, notre instruction pénale française a la complexité d’un équilibre, à charge et à décharge du mis en cause. Veut-on, à ce jour, une justice seulement à charge, c’est-à-dire uniquement « policière », à l’américaine ?

Quelques soient les propositions que feront nos éluEs, il ne faudrait pas dériver à la baisse du pouvoir, toujours indépendant, du juge que certainEs aimeraient voir même disparaître des parquets. Il est vrai que des (ex) éluEs ne se sont toujours pas relevéEs des investigations de juges indépendants.

On se rappellera de l’unanimité des parlementairEs s’auto amnistiant par une réforme des lois.

Malheureusement, je note que dans une même journée, les médias monopolisaient leur information pour l’ « affaire Outreau » et ses commissions à l’assemblée nationale, alors que des jeunEs marchaient dans les rues pour dénoncer leur « SANS  avenir » précarisé légalement par les mêmes éluEs avec l’adoption dans la nuit du CPE.

Aujourd’hui, on déshabille le Code du travail pour maquiller le Code Pénal.

Plutôt que d’investir dans des réformes aux issues incertaines, donnons déjà des moyens à ce qui EST.

Place sera ainsi laissée aux débats et le « fait divers » ne cachera pas la réalité économique.

Villiers-St-Georges, le 09 février 2006

Stéphane FERRARI

Bulletin municipal de la commune des Marêts

Publié dans Prises de positions. Commentaires Fermés